Préparer le plâtre pour des travaux intérieurs

Le plâtre est le liant utilisé pour les travaux d'intérieur (scellements, enduits, rebouchages). Il se caractérise par un temps de prise assez bref, ce qui rend sa mise en oeuvre toujours difficile.

De plus, il suffit de peu de chose pour que le liant prenne mal: malaxage irrégulier, mauvais dosage, température trop basse (en dessous de -1 °C) ou trop élevée.

 

Cela étant dit, un plâtre bien préparé offre une exceptionnelle dureté, une excellente longévité et une bonne résistance aux chocs.

QUEL PLÂTRE CHOISIR?

Les fabricants proposent une très large gamme de produits et vous aurez peut-être du mal à vous y retrouver. Lisez attentivement les indications portées sur les sacs afin de ne pas utiliser un plâtre de moulage (très fin et plus cher) pour les scellements ou les enduits.

Certains plâtres contiennent des adjuvants qui modifient les qualités propres du matériau. Il s'agit généralement de retardateurs de prise qui permettent de disposer d'un temps d'ouverture plus grand pour la mise en oeuvre.

QUELLE QUANTITÉ PRÉPARER?

Quand on débute, il est toujours difficile d'évaluer les quantités, et il s'agit d'une évaluation fondée sur le coup d'oeil et l'expérience. La rapidité avec laquelle le plâtre durcit vous fera opter pour préparer de petites quantités à la fois. Si vous gâchez une trop grande quantité, vous serez obligé d'en jeter une partie (mais, encore une fois, n'appliquez pas du plâtre qui commence à durcir).

TROIS CONDITIONS PRÉALABLES POUR RÉUSSIR LE PLÂTRE

Quelques règles simples vous aideront à préparer un plâtre de bonne qualité.

Un matériel et des outils propres. La préparation du plâtre exige un matériel parfaitement propre. La présence d'impuretés risque d'affaiblir la cohérence et de modifier ou d'empêcher la prise.

On gâche en général dans une auge. Elles étaient autrefois en tôle ou en bois, mais on préfère aujourd'hui l'auge en plastique, plus légère et plus facile à nettoyer, mais surtout parce que l'on s'est rendu compte que le bois absorbait l'eau de gâchage, ce qui modifiait sensiblement les proportions initiales. À défaut, vous pouvez utiliser une cuvette en plastique; préférez les récipients de forme carrée ou rectangulaire, car il est plus difficile de récupérer le plâtre dans une cuvette ronde (les angles permettent de bloquer la truelle).

Un chantier organisé : Avant de commencer le gâchage, le chantier doit être prêt à recevoir le matériau (n'oubliez pas de protéger le sot). Placez à proximité tous les outils dont vous avez besoin: truelles pour mélanger ou pour appliquer, plâtroirs rectangulaires pour le transport et le lissage, outils pour battre le mélange (truelle ou mélangeur en adaptation de perceuse).
Un dosage correct: Pour les travaux courants (enduits peu épais), vous adopterez des quantités égales de plâtre et d'eau. On obtient ainsi, après la prise, une pâte assez liquide mais qui tient sur la truelle. Pour tous les travaux de scellement, vous aurez intérêt à disposer d'un plâtre plus épais. On peut donc mélanger 2 ou même 3 mesures de plâtre pour une mesure d'eau.

Pour les enduits importants, les plâtriers utilisent un plâtre très liquide 1 ou 1,5 mesure de plâtre pour 2 mesures d'eau. Ce plâtre liquide est assez difficile à mettre en oeuvre mais il permet d'obtenir des enduits très durs.

LE GÂCHAGE DU PLÂTRE

Pour gâcher le plâtre, jetez-le en pluie fine sur l'eau et non l'eau sur le plâtre (vous obtiendriez sinon des grumeaux impossibles à éliminer). Pour éviter les grumeaux, une fois que vous aurez versé le plâtre sur l'eau, laissez infuser 1 à 2 minutes.
Lorsque toute la poudre est versée, battez énergiquement avec la truelle ou une spatule afin d'obtenir une pâte tout à fait homogène. Pour une quantité assez importante, servez-vous d'un mélangeur en adaptation de perceuse qui permet de travailler très rapidement.

LA MISE EN OEUVRE

Le plâtre commence à prendre au bout de 4 ou 5 minutes (on peut ralentir la prise en ajoutant de la chaux aérienne éteinte à raison de 15 g par litre d'eau). La pâte se fige et la température du mélange augmente (ce qui explique pourquoi il est possible d'employer le plâtre par temps de gel, mais pas en dessous de - 1 °C). A ce moment, il faut arrêter complètement de remuer et appliquer immédiatement le matériau. Chargez le mélange sur le plâtroir et mettez-le en oeuvre avec la truelle. Vous disposez d'une vingtaine de minutes pour appliquer complètement toute la quantité préparée.

Lorsque le plâtre commence à durcir, il n'est plus question de l'utiliser. Surtout ne battez jamais une seconde fois car vous obtiendriez du plâtre mort (il ne durcit plus).

QUELQUES PRÉCAUTIONS LORS DE LA MISE EN OEUVRE

Le plâtre oxyde les métaux avec lesquels il peut se trouver en contact. Il est donc nécessaire de les protéger, en particulier le cuivre et le plomb qui sont attaqués à cour. Les métaux non ferreux ne sont, quant à eux, oxydés que superficiellement.

Les fabricants conseillent de respecter un temps de repos entre la fin du malaxage et la mise en oeuvre. Ce temps de repos doit être court (de l'ordre de 3 ou 4 minutes).

Humidifiez le support afin que la maçonnerie n'absorbe pas l'eau de gâchage.

On peut appliquer du plâtre sur du mortier mais en aucun cas l'inverse, la réaction chimique qui se produirait interdirait l'adhérence.

Le plâtre liquide est un produit qui peut causer certaines allergies de la peau et des brûlures. Il convient donc d'éviter d'y tremper les mains. Si vous avez la peau sensible, il est prudent d'utiliser des gants de caoutchouc.